Rue ancienne d'une vieille ville sarde

Toutes les formalités pour vivre en Sardaigne

Pas de visa pour les Français (espace Schengen, UE), mais des démarches clés pour une installation légale et optimisée fiscalement. Le guide complet.

Mis à jour le

Visa
Aucun pour les Français
Première démarche
Codice fiscale
Flat tax retraités
7 % sur 10 périodes
Communes éligibles
Moins de 30 000 hab.

Un Français s'installe en Sardaigne sans visa. Au-delà de trois mois, trois démarches comptent, dans cet ordre : codice fiscale, inscription à la commune, puis formalités côté français.

Aucun : libre circulation dans l'UE

Le codice fiscale, avant même le départ

Flat tax à 7 % dans les communes de moins de 30 000 habitants

En Sardaigne, aucun visa requis

La Sardaigne fait partie de l'Union européenne, puisqu'elle est une région autonome de l'Italie. La France et l'Italie sont toutes deux membres de l'Union européenne et de l'espace Schengen.

Les citoyens français peuvent donc s'installer librement en Italie, y compris en Sardaigne, sans autorisation préalable, sans visa, sans quota. La liberté de circulation est un droit fondamental européen.

En revanche

Pour un séjour supérieur à 3 mois avec installation permanente, des démarches administratives s'imposent pour régulariser votre situation fiscale, sociale et médicale.

Les démarches clés dans l'ordre

Voici la séquence logique pour une installation progressive et bien organisée en Sardaigne. Chaque étape a son guide détaillé.

  1. 1.Codice fiscale

    Premier sésame de toute installation en Italie. Nécessaire pour signer un bail, ouvrir un compte bancaire, accéder aux soins. Gratuit, délivré le jour même à l'Agenzia delle Entrate dans la plupart des cas.

    Comment l'obtenir
  2. 2.Iscrizione anagrafica

    L'inscription au registre de population du Comune (commune sarde choisie). Déclenche l'accès au SSN (médecin de famille), la résidence officielle, et active le régime fiscal de résident.

    Procédure détaillée
  3. 3.Registre des Français à l'étranger

    L'AIRE est le registre des Italiens vivant hors d'Italie : elle ne vous concerne pas. Côté français, c'est le registre des Français établis hors de France, puis la déclaration de départ auprès du fisc, la condition d'une bonne application de la convention France-Italie.

    Quel consulat, quelle démarche
Façades de la via Roma, face au port de Cagliari
La via Roma à Cagliari, chef-lieu de la région.Photo : Gianni Careddu · CC BY-SA 4.0

Ce qui se prépare avant le départ

Quatre sujets se règlent idéalement depuis la France, avant de charger la voiture.

Le codice fiscale

Commencez par le codice fiscale. Un étranger qui réside encore hors d'Italie peut le demander au consulat d'Italie de son pays de résidence, qui l'attribue directement dans le système de l'Agenzia delle Entrate. Arriver avec ce numéro permet de signer un bail ou un compromis de vente dès la première semaine, et donc de disposer plus vite de l'adresse que réclamera la mairie.

Le formulaire S1

Un retraité qui ne touche que des pensions françaises demande ensuite le formulaire S1, délivré par la caisse d'assurance maladie française. C'est lui qui permet l'inscription à l'ASL sarde avec des soins pris en charge par la France, sans contribution volontaire. La carte européenne d'assurance maladie, elle, ne vaut que pour les séjours temporaires : elle ne couvre pas un résident. Le détail figure sur la page santé et tessera sanitaria.

Le fisc français

La déclaration se dépose au printemps suivant, mais elle se prépare au moment du départ. L'année du déménagement, vous déclarez sur la 2042 les revenus perçus du 1er janvier à la date du départ, puis sur la 2042-NR les seuls revenus de source française perçus ensuite (loyers d'un bien conservé, par exemple).

Si des revenus restent imposables en France, le dossier est ensuite transmis d'office au service des impôts des particuliers non-résidents. La répartition des revenus entre la France et l'Italie dépend de la convention de 1989 et de la nature de chaque revenu.

La période sans couverture

Entre l'arrivée et l'inscription effective à l'ASL, il s'écoule souvent plusieurs semaines, le temps de l'iscrizione anagrafica et de la vérification de domicile. Pour un actif ou un inactif sans S1, c'est la période où l'on n'est couvert ni en France ni en Italie : la page assurances détaille les options.

Couvrir les semaines avant l'inscription à l'ASL

  • Pour qui : Long séjour sans changer de domicile, moins de 85 ans
  • Frais médicaux : 300 000 €, franchise de 50 € par sinistre
  • Rapatriement : Aux frais réels
  • À savoir : Ne couvre pas votre pays de domicile. Maladies préexistantes exclues
Voir les formules

Quand l'Italie devient votre pays fiscal

Depuis 2024, l'article 2 du TUIR, le code italien de l'impôt sur le revenu, retient quatre critères alternatifs. Une personne est résidente fiscale en Italie si, pendant la plus grande partie de l'année, elle remplit l'un d'eux :

Résidence

Au sens du code civil : le lieu où l'on demeure habituellement.

Domicile

Le lieu où se nouent principalement les relations personnelles et familiales.

Présence physique

Être présent sur le territoire italien.

Inscription

Figurer au registre de population, l'anagrafe.

Un seul critère suffit, et les périodes non consécutives s'additionnent. L'inscription à l'anagrafe n'est plus qu'une présomption : elle peut être combattue par la preuve contraire.

La conséquence pratique tient au calendrier. Le fisc italien raisonne sur la majorité de l'année : une installation effective en automne ne fait en principe pas de vous un résident italien pour cette année-là. Pour un retraité qui vise la flat tax à 7 %, la date d'arrivée détermine donc la première année couverte par le régime, et la commune choisie doit figurer parmi les communes sardes de moins de 30 000 habitants.

Le village d'Aggius au pied des monts de granit de Gallura
Aggius, en Gallura : un village bien en dessous du seuil de 30 000 habitants.Photo : Gianni Careddu · CC BY-SA 4.0

Et côté français ?

La France applique ses propres critères (foyer, activité principale, centre des intérêts économiques). Si les deux pays vous considèrent comme résident la même année, la convention fiscale franco-italienne tranche. Ces règles se combinent différemment selon que vous conservez un logement en France, un conjoint resté sur place ou une activité : dans ces cas, faites valider votre date de bascule par un professionnel qui connaît les deux systèmes avant de déposer la première déclaration italienne.

Les sujets qui pèsent le plus sur le budget

Le régime fiscal des retraités, l'affiliation au service de santé et l'articulation entre fisc français et fisc italien.

Les autres démarches et régimes

Citoyens non-UE (Canadiens, Américains…)

Pour un ressortissant d'un pays tiers, l'installation passe par un visa demandé au consulat d'Italie, puis par un titre de séjour sur place.

Démarches pour les citoyens non-UE
DémarcheCe qu'il faut savoir
Visa de résidence électiveVisto per Residenza ElettivaPour les non-UE qui vivent de revenus hors travail (pension, loyers, capital), sans activité en Italie. Demande au consulat italien du pays de résidence. Référence consulaire courante : au moins 31 000 € par an, majorés de 20 % pour un conjoint et de 5 % par enfant. Chaque consulat peut appliquer ses propres seuils.
Visa nomade digitalDepuis 2024Pour les télétravailleurs non-UE hautement qualifiés (décret du 29 février 2024). Le texte exige un revenu d'au moins trois fois le plafond d'exonération des frais de santé, soit environ 24 800 € par an. Les consulats retiennent souvent 28 000 €. Assurance santé obligatoire, permis d'un an renouvelable.
Permesso di soggiornoTitre de séjourTitre de séjour requis après les 90 premiers jours pour tous les non-UE.
Permis de conduireConversionLes permis UE sont valables en Italie. Les permis non-UE doivent être convertis dans les 12 mois suivant l'obtention de la résidence.
Rue ancienne d'une vieille ville sardeObtenir son codice fiscaleLe premier numéro à demander, avant même le départ : au consulat d'Italie ou à l'Agenzia delle Entrate.Lire le guide

Questions fréquentes sur les formalités en Sardaigne

Faut-il un visa pour vivre en Sardaigne ?

Non. La France et l'Italie sont membres de l'Union européenne et de l'espace Schengen : l'installation est libre, sans visa ni quota. Seules des démarches administratives s'imposent au-delà de trois mois.

Quelle est la première démarche à faire ?

Le codice fiscale, qui conditionne tout le reste : bail, compte bancaire, accès aux soins. Il s'obtient auprès de l'Agenzia delle Entrate, ou du consulat d'Italie avant même le départ.

L'AIRE concerne-t-elle les Français ?

Non, l'AIRE est le registre des Italiens vivant hors d'Italie. Côté français, la démarche équivalente est l'inscription au registre des Français établis hors de France, complétée par la déclaration de départ au fisc.

Comment se faire soigner une fois résident ?

En s'inscrivant à l'ASL après la déclaration de résidence. L'affiliation est gratuite pour les travailleurs, payante et volontaire pour les inactifs, et prise en charge par la France pour les retraités munis d'un formulaire S1.

Peut-on vivre sa retraite en Sardaigne ?

Oui. Un retraité français s'installe librement, s'inscrit à la commune au-delà de trois mois et s'affilie à l'ASL avec le formulaire S1 si sa pension relève d'un régime français. Dans une commune de moins de 30 000 habitants, il peut aussi opter pour la flat tax à 7 % sur ses revenus de source étrangère.

Quelle est la fiscalité en Sardaigne ?

La même que dans le reste de l'Italie : IRPEF de 23 à 43 %, addizionale regionale au taux de base de 1,23 % en Sardaigne et addizionale comunale fixée par chaque commune. Les régimes spéciaux (flat tax à 7 % des retraités, impatriés, neo residenti) sont nationaux. Seule la flat tax dépend de la taille de la commune.

Faut-il échanger son permis de conduire ?

Non dans le cas général : un permis français au format carte européenne reste valable jusqu'à son expiration. L'obligation de conversion à deux ans ne vise que les permis européens sans limite de validité administrative.