
Formalités · Fiscalité
Régime des impatriés en Italie : ce qui s'applique vraiment
Les taux de 70 % et 90 % circulent encore largement sur le web francophone. Ils ont disparu au 1er janvier 2024.
Le régime en une phrase
Le régime impatriati réduit l'assiette imposable des revenus du travail perçus en Italie : 50 % du revenu échappe à l'impôt, 60 % en présence d'un enfant mineur, dans la limite de 600 000 € de revenus par an, pendant cinq périodes d'imposition. Il vise les salariés et les indépendants qui transfèrent leur résidence en Italie, pas les retraités.
Ce qui a changé au 1er janvier 2024
Le décret législatif 209/2023 a remplacé l'ancien dispositif. La comparaison explique pourquoi tant de pages françaises sont fausses :
| Ancien régime | Depuis le 01/01/2024 | |
|---|---|---|
| Abattement de base | 70 % | 50 % |
| Abattement majoré | 90 % dans le Sud, Sardaigne comprise | 60 % avec enfant mineur |
| Plafond de revenus | Aucun | 600 000 € par an |
| Durée | 5 ans, prolongeable à 10 | 5 ans |
| Revenus d'entreprise | Éligibles | Exclus |
Si vous lisez 90 % quelque part, la page n'est pas à jour
Beaucoup d'articles francophones décrivent encore le régime d'avant 2024, parfois en le présentant comme un argument pour s'installer en Sardaigne. Les personnes déjà admises sous l'ancien régime conservent leurs conditions jusqu'au terme de leur période : le changement vaut pour les nouvelles entrées.
Les conditions d'accès
La condition de qualification est celle qui écarte le plus de dossiers en pratique. Elle renvoie à des critères précis de diplôme ou d'expérience professionnelle, et elle s'apprécie au cas par cas.
- Transférer sa résidence fiscale en Italie et s'y engager pour au moins quatre ans, sous peine de restitution de l'avantage
- Ne pas avoir été résident fiscal italien pendant les trois périodes d'imposition précédentes, délai porté à six ou sept ans lorsqu'on revient travailler pour le même employeur ou un employeur du même groupe
- Exercer l'activité principalement sur le territoire italien
- Justifier de qualifications élevées ou spécialisées, au sens de la réglementation italienne

Quels revenus sont concernés
Couverts
Les revenus de travail salarié, les revenus assimilés et les revenus de travail indépendant produits en Italie.
Exclus
Les revenus d'entreprise, désormais hors champ, ainsi que les pensions, les revenus fonciers et les revenus de capitaux mobiliers.
Le plafond
L'abattement ne joue que sur la fraction de revenu inférieure ou égale à 600 000 € par an. Au-delà, tout est imposé normalement.
Impatriés, flat tax 7 % ou neo residenti : ne pas confondre
Ce sont trois régimes distincts, qui visent trois profils différents et ne se cumulent pas.
| Régime | Pour qui | Mécanisme | Durée |
|---|---|---|---|
| Impatriés | Actifs qualifiés qui viennent travailler en Italie | 50 % ou 60 % du revenu de travail exonéré, plafond 600 000 € | 5 ans |
| Flat tax 7 % | Retraités étrangers, dans une commune de moins de 30 000 habitants | 7 % sur les revenus de source étrangère | 10 périodes |
| Neo residenti | Hauts patrimoines à revenus étrangers importants | Forfait annuel substitutif sur les revenus étrangers | 15 ans |
Ce que le régime change concrètement pour la Sardaigne
Depuis la suppression de la majoration du Mezzogiorno, s'installer en Sardaigne n'apporte plus d'avantage fiscal spécifique au titre de ce régime. Un impatrié y bénéficie des mêmes 50 % ou 60 % qu'à Milan.
Un retraité, lui, relève de la flat tax à 7 % et trouvera l'ordre des démarches sur la page retraite en Sardaigne. Ce qui reste propre à l'île relève du coût de la vie, du marché de l'emploi et de la qualité de connexion, à examiner sur la page travailler en Sardaigne.
La condition d'exercice principal sur le territoire italien mérite l'attention des télétravailleurs employés par une société étrangère : la lecture de cette condition est technique et se vérifie avant de déménager, pas après.
Ce que nous ne publions pas
Ni simulation chiffrée, ni exemple de calcul d'IRPEF, ni liste de professions réputées éligibles. L'appréciation des qualifications, l'articulation avec la convention fiscale franco-italienne et l'ordre des démarches se traitent avec un commercialista. Un article ne fait pas ce travail à sa place.
Fondé sur le décret législatif italien 209/2023, applicable depuis le 1er janvier 2024. Vérifié le 24 août 2026. Les régimes fiscaux évoluent à chaque loi de finances : faites confirmer votre éligibilité par un professionnel.
Questions fréquentes sur le régime des impatriés en Italie
Quel est le taux d'exonération du régime impatriés ?
50 % du revenu de travail échappe à l'impôt, et 60 % en présence d'un enfant mineur. Ces taux s'appliquent dans la limite de 600 000 € de revenus par an, pendant cinq périodes d'imposition.
L'abattement de 90 % pour le Sud existe-t-il encore ?
Non. La majoration territoriale du Mezzogiorno, qui incluait la Sardaigne, a disparu avec le décret 209/2023 au 1er janvier 2024. Elle a été remplacée par une majoration liée à la présence d'un enfant mineur.
Un retraité peut-il bénéficier du régime impatriés ?
Non, il porte sur les revenus de travail salarié, assimilés et indépendant. Les pensions relèvent d'un autre dispositif, la flat tax à 7 % dans les communes de moins de 30 000 habitants.
Combien de temps faut-il rester en Italie ?
Le régime suppose un engagement de résidence d'au moins quatre ans. Un départ anticipé entraîne la restitution de l'avantage obtenu, avec les intérêts.
Les revenus d'entreprise sont-ils éligibles ?
Non, ils sont exclus depuis la réforme de 2024, alors qu'ils entraient dans le champ de l'ancien régime. Restent couverts les revenus de travail salarié, assimilés et indépendant produits en Italie.


