
Alghero : dégustation guidée de vins et d'huiles dans une cave de caractère
- 1,5 h
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4,8(367 avis)
dès45 €/ pers.
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Photo : Japs 88 · CC BY-SA 3.0Le mirto clôt presque chaque repas sarde, servi glacé dans un petit verre. Ce qu'il est, ce qu'il vaut, comment le choisir, puis les trois vins de l'île, les caves qui se visitent et ce qu'on peut rapporter dans l'avion.
Mis à jour le
Le mirto est une liqueur de baies de myrte, l'arbuste du maquis sarde, macérées dans l'alcool puis adoucies au sirop. Le mirto rouge, le plus courant, est rubis, fruité et doux avec une pointe d'amertume. Le mirto blanc est plus herbacé. Il titre autour de 30 % et se boit glacé, en digestif. Une bouteille de 70 cl coûte environ 15 à 20 €.
Le mirto (murta en sarde) est la liqueur nationale de la Sardaigne. On la fabrique avec les baies du myrte commun, Myrtus communis, un arbuste aux feuilles parfumées qui pousse partout dans le maquis de l'île. Les baies, bleu-noir, se ramassent à partir d'octobre, quand elles sont mûres. Les feuilles, elles, se cueillent presque toute l'année.
La méthode n'a rien de secret : les baies macèrent plusieurs semaines dans l'alcool, on filtre, puis on coupe l'extrait avec un sirop d'eau et de sucre, parfois de miel. Le temps fait le reste, en adoucissant les tanins de la baie.
Côté goût, l'office du tourisme italien décrit un mirto rouge à la robe rubis intense, aux arômes de fruits mûrs et de maquis, doux en bouche avec une légère amertume finale et une petite sensation tannique. Le myrte lui-même a un goût de baie sauvage et de maquis, plus aromatique que sucré : c'est le sirop qui arrondit la liqueur.
Le degré courant tourne autour de 30 à 32 %. Les extrêmes vont de 28 à 36 %, la fourchette admise par la fiche officielle du Mirto di Sardegna (voir plus bas).
Quand un Sarde dit « un mirto », il parle du rouge, celui des baies mûres. Le mirto blanc (mirto bianco) est plus rare, et les producteurs ne s'accordent pas sur sa base : certains n'utilisent que les feuilles et les jeunes pousses, d'autres des baies claires ou encore vertes. Le résultat est une liqueur presque incolore ou jaune pâle, au goût plus végétal.
| Mirto rouge (rosso) | Mirto blanc (bianco) | |
|---|---|---|
| Base | Baies mûres, bleu-noir | Feuilles, pousses ou baies claires selon le producteur |
| Couleur | Rubis aux reflets violets | Incolore à jaune paille |
| Goût | Fruits mûrs, maquis, doux, finale un peu amère | Herbacé, floral, plus sec |
| Fréquence | Le standard, servi partout | Plus rare, souvent chez les producteurs |
| Mirto di Sardegna | Oui, si la fiche officielle est respectée | Non, la fiche ne couvre que les baies |
Le mirto se boit en fin de repas, après le café, comme digestif. La bouteille sort du congélateur et se sert bien glacée, dans un petit verre, en une ou deux gorgées. Le froid calme le sucre et fait ressortir l'amertume de la baie.
Dans les agriturismi et beaucoup de trattorias, il est souvent offert avec l'addition, parfois avec la bouteille posée sur la table. Personne ne s'offusque d'un refus. Les cocktails au mirto existent dans les bars des stations balnéaires, mais sur l'île on le boit presque toujours sec.
Il accompagne bien les desserts de la cuisine sarde, à commencer par les seadas au miel,.
On lit souvent que le mirto est « IGT ». C'est une confusion : IGT est une mention réservée au vin. Pour une liqueur, on parle d'indication géographique (IG). Le Mirto di Sardegna a été reconnu par des décrets italiens du 2 juillet 2013 puis du 8 juin 2016, et sa fiche technique a été déposée auprès de la Commission européenne en août 2016. Nous n'avons pas retrouvé l'acte européen d'enregistrement définitif : la protection est certaine en Italie, moins claire à l'échelle de l'Union.
Cette fiche est le meilleur guide pour choisir une bouteille, car elle dit ce qu'un vrai mirto doit contenir. Un mirto vendu sous ce nom doit respecter ces règles :
Le réflexe en boutique
Retournez la bouteille. Un mirto rouge qui affiche colorant ou arôme sur l'étiquette n'est pas un Mirto di Sardegna. La mention « Mirto di Sardegna », une couleur rubis naturelle et une liste d'ingrédients courte (baies, alcool, eau, sucre) sont les bons signes.
Une bouteille de 70 cl coûte environ 15 à 20 € en boutique sur l'île comme chez les cavistes en ligne.
Zedda Piras est la marque qu'on trouve partout, en rouge et en blanc. Bresca Dorada a bâti sa réputation sur un mirto plus artisanal. Silvio Carta vend une « Ricetta storica » et un filu 'e ferru. Dans les supermarchés sardes, les marques de distributeur sont moins chères mais souvent plus sucrées et plus plates. Les agriturismi et les boutiques de producteurs vendent aussi leur mirto maison, parfois sans autre étiquette qu'une note écrite à la main : demandez s'il est fait sur place.
| Mirto | Format | Prix relevé |
|---|---|---|
| Zedda Piras rouge, 32 % | 70 cl | 15,20 à 19,60 € selon le caviste |
| Bresca Dorada rouge | 70 cl | Environ 19,80 € |
| Mirto courant en boutique sarde | 70 cl | 12 à 20 € |
Les familles sardes font encore leur mirto, avec les baies cueillies à partir d'octobre. Les proportions changent beaucoup d'une maison à l'autre, mais la méthode reste la même : baies, alcool fort, plusieurs semaines d'attente, sirop.
Où trouver les baies
Le myrte pousse librement dans le maquis, mais la cueillette est interdite dans les parcs, réserves et terrains privés. En dehors, les règles dépendent des communes : renseignez-vous sur place avant de remplir un panier. Hors de Sardaigne, des baies séchées se vendent en ligne, avec un résultat moins parfumé.
La Corse fait aussi sa liqueur de myrte, avec la même plante et la même méthode. Les deux se ressemblent beaucoup. La différence tient surtout au cadre : le Mirto di Sardegna a une fiche officielle qui fixe les baies, le degré et les ingrédients, ce qui n'existe pas pour la myrte corse. Pour comparer les deux îles au-delà de leur liqueur, voyez notre page Corse ou Sardaigne.
La Sardaigne produit surtout du vin à boire sur place, mais trois noms suffisent pour lire une carte : le cannonau en rouge, le vermentino en blanc et le carignano du sud-ouest. Les trois reviennent sur toutes les tables.
Le repas sarde suit une règle simple : cannonau sur les viandes, porceddu et agneau en tête, vermentino sur le poisson et les fruits de mer.
Le cannonau est le cépage rouge de l'île, planté partout. C'est le même raisin que le grenache français et le garnacha espagnol, installé sur l'île depuis des siècles. L'appellation Cannonau di Sardegna DOC couvre toute l'île, en rouge et en rosé, avec des sous-zones réputées : Oliena (le Nepente di Oliena), Jerzu et Capo Ferrato. Le cœur du cannonau est l'est montagneux, entre la Barbagia et l'Ogliastra : Jerzu se présente comme « la ville du vin », Mamoiada et Oliena ont leurs caves familiales. Il donne des rouges chaleureux et fruités, souvent puissants en alcool.
Le vermentino pousse dans toute l'île, mais celui de Gallura, au nord-est, a la plus haute appellation : c'est la seule DOCG de Sardaigne, obtenue en 1996 après une DOC dans les années 1970. Le cahier des charges impose au moins 95 % de vermentino, 12 % vol minimum (13 % pour le Superiore) et des vignes sous 500 m d'altitude, sur un sol de granit. C'est un blanc sec, sapide, aux notes d'agrumes et d'amande, à boire jeune et frais. Le vermentino des autres régions, sous l'appellation Vermentino di Sardegna DOC, est souvent moins cher et très correct.
Au sud-ouest, autour de Santadi, Carbonia, Calasetta et Giba et sur les îles de Sant'Antioco et San Pietro, le carignano pousse près de la mer dans des sols sableux. Ce sable a protégé une partie des vignes du phylloxéra : on y trouve encore des vieux ceps en franc de pied. Le Carignano del Sulcis DOC donne des rouges plus souples et plus épicés que le cannonau. La cave coopérative de Santadi en est le producteur le plus connu.

Deux domaines se partagent la notoriété, l'un près d'Alghero, l'autre près de Cagliari. Les deux demandent une réservation à l'avance.
Le domaine de Sella & Mosca s'étend au nord d'Alghero. Le domaine revendique plus de 500 hectares de vignes d'un seul tenant, présentés comme l'un des plus grands vignobles d'Europe. La visite passe par les caves historiques de 1903 et 1922 et se termine par une dégustation de 4 vins avec charcuterie et fromages, pour environ 35 à 45 € par adulte selon la formule (tarifs relevés en novembre 2026 chez un revendeur, le site du domaine n'en affiche pas). Comptez 1 h 30, en italien ou en anglais, et réservez au moins deux jours avant. Sur les terres du domaine se trouve aussi la nécropole d'Anghelu Ruju, à combiner dans la même demi-journée.
Argiolas, domaine familial fondé en 1938, est installé à Serdiana, dans les collines au nord de Cagliari. Son vin phare, le Turriga, est un rouge de garde à base de cannonau l'un des rouges sardes les plus cotés. Le domaine propose visites et dégustations de la cave et du vignoble, à réserver sur son site (contact : +39 070 740606). Nous n'avons pas trouvé de tarif officiel de visite. Les excursions organisées depuis Cagliari, transport compris, démarrent autour de 100 €. Le domaine organise aussi une soirée Wine & Christmas le 4 décembre 2026.


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Voir prix & disposAprès le mirto, le Sarde sort parfois une bouteille plus sèche : le filu 'e ferru, une eau-de-vie de marc de la même famille que la grappa, appelée aussi abba ardente dans le nord. Elle titre 42 à 45 %.
Son nom veut dire « fil de fer ». Au XIXe siècle, quand la maison de Savoie a taxé la distillation, les producteurs ont continué en cachette : ils enterraient les bouteilles et laissaient dépasser un fil de fer pour retrouver la cachette. Le bourg de Santu Lussurgiu, dans le Montiferru au nord d'Oristano, en était la capitale : on y comptait 40 distilleries en 1839.
Le filu 'e ferru se boit en digestif, comme le mirto. Les versions vieillies passent au moins un an en fût de chêne ou de châtaignier. Silvio Carta, Zedda Piras et Bresca Dorada en produisent, et il figure sur la liste régionale des produits traditionnels sardes.

C'est le point qui surprend au retour. Une bouteille achetée en ville ne passe pas en cabine : aux aéroports de Cagliari, Olbia et Alghero, la règle des 100 ml par contenant, dans un sac transparent d'un litre, s'applique toujours. Selon l'aviation civile italienne (ENAC), citée par L'Unione Sarda en juillet 2025, aucun des trois n'avait de scanners de nouvelle génération, et nous n'avons trouvé aucune annonce de changement depuis.
La solution la plus simple
Les boutiques après la sécurité des aéroports sardes vendent du mirto et du vin à des prix proches de ceux de la ville. Si vous voyagez sans valise en soute, achetez-y vos bouteilles : elles partent en cabine dans leur sac scellé.
Pour un souvenir de Sardaigne qui fait plaisir, le trio classique est une bouteille de mirto rouge, un cannonau et un vermentino di Gallura. Ajoutez un filu 'e ferru pour un amateur d'eaux-de-vie, et du pecorino ou du pane carasau de la cuisine sarde pour aller avec.
Les meilleurs prix se trouvent directement chez les producteurs et dans les caves coopératives (Santadi, Jerzu, Gallura), puis dans les supermarchés, qui ont un vrai rayon de vins sardes. Les boutiques de souvenirs des centres historiques sont plus chères, mais pratiques pour les petits formats de mirto, plus faciles à caser dans une valise.
Fiche technique du Mirto di Sardegna déposée à la Commission européenne (Ares(2016)4402066, 12 août 2016) et décret italien du 8 juin 2016. Goût et service : italia.it et sardinia-trip.com. Vermentino di Gallura DOCG : Italian Wine Central. Cannonau : Sardegna Turismo, Decanter. Sella & Mosca : Winedering. Argiolas : argiolas.it. Filu 'e ferru : L'Unione Sarda. Liquides en cabine : ENAC via L'Unione Sarda (27 juillet 2025), règlement d'exécution (UE) 2024/2108. Prix des bouteilles relevés chez des cavistes en ligne le 6 novembre 2026.
Le mirto rouge est doux et fruité, avec des arômes de baies mûres et de maquis, une petite sensation tannique et une finale légèrement amère. Le mirto blanc, fait surtout avec les feuilles, est plus herbacé et moins sucré.
La baie de myrte a un goût de fruit sauvage et de maquis, aromatique et un peu astringent. Dans le mirto, le sirop l'adoucit et il reste une légère amertume en finale.
Glacé, sorti du congélateur, dans un petit verre, en fin de repas après le café. En Sardaigne, il est souvent offert avec l'addition dans les agriturismi et les trattorias.
Autour de 30 à 32 % pour la plupart des bouteilles. La fiche officielle du Mirto di Sardegna autorise de 28 à 36 % vol.
Le rouge est fait avec les baies mûres, couleur rubis, doux et fruité. Le blanc est fait avec les feuilles, les pousses ou des baies claires selon les producteurs, presque incolore et plus végétal. Seul le rouge peut porter la mention Mirto di Sardegna.
Zedda Piras est la marque la plus répandue, Bresca Dorada et Silvio Carta ont une image plus artisanale. Le meilleur repère reste l'étiquette : la mention Mirto di Sardegna et l'absence de colorant ou d'arôme.
Environ 15 à 20 euros la bouteille de 70 cl en boutique ou chez un caviste en ligne en 2026. Les productions artisanales montent autour de 25 à 30 euros.
Non, IGT est une mention réservée au vin. Le Mirto di Sardegna est une indication géographique de spiritueux, reconnue par des décrets italiens de 2013 et 2016, avec une fiche technique déposée à la Commission européenne en 2016.
Le cannonau en rouge, cousin du grenache, et le vermentino en blanc. Le carignano del Sulcis, au sud-ouest, est le troisième vin à connaître.
Le Vermentino di Gallura, classé DOCG en 1996. Il doit contenir au moins 95 % de vermentino et provient du nord-est de l'île.
Oui, sur réservation. La visite dure environ 1 h 30 avec les caves historiques et une dégustation de 4 vins, pour environ 35 à 45 euros par adulte selon la formule. Le domaine se trouve au nord d'Alghero.
Une eau-de-vie de marc sarde de 42 à 45 %, cousine de la grappa. Son nom, fil de fer, vient du fil qui signalait les bouteilles enterrées au temps de la distillation clandestine.
Pas une bouteille achetée en ville : aux aéroports de Cagliari, Olbia et Alghero, la limite de 100 ml s'applique. Une bouteille achetée après le contrôle de sécurité, dans un sac scellé avec son ticket, passe en cabine. Sinon, mettez-la en soute.
Il n'y a pas de plafond pour un usage personnel entre pays de l'Union européenne. Au-delà de 10 litres d'alcool fort, la douane peut vous demander de prouver que ce n'est pas pour la revente.
Comment se boit le mirto en Sardaigne