
Expérience Orgosolo : Murales et culture avec un déjeuner typique
- 8,5 h
- Annulation gratuite
4,5(8 avis)
dès65 €/ pers.
Voir prix & dispos
Photo : Sailko · CC BY 3.0Un village de bergers perché à 620 m, au pied du Supramonte, dont les façades racontent un demi-siècle de luttes en peinture. On y vient pour les murales. Beaucoup restent pour un déjeuner sous les chênes ou une balade dans la forêt de Montes.
Mis à jour le
À Orgosolo, on vient d'abord pour les murales, ces fresques politiques peintes sur les façades depuis la fin des années 1960. Le village offre aussi deux choses que la côte n'a pas : un déjeuner chez les bergers, en plein air, et les chênes millénaires du Supramonte. Une journée suffit, depuis Nuoro ou Cala Gonone.
Murales du Corso Repubblica, ruelles, canto a tenore
Déjeuner des bergers, porcelet, pecorino, cannonau
Forêt de Montes, Funtana Bona, Monte San Giovanni
Orgosolo compte environ 3 800 habitants et un territoire immense de 22 000 hectares de pâturages et de forêts. C'est l'un des villages les plus connus de la Barbagia, le cœur montagneux de l'île, où le sarde reste la langue de tous les jours et où l'élevage ovin fait encore vivre une bonne partie des familles.

La première murale est peinte à la fin des années 1960, en 1969 selon la plupart des sources, par Dioniso, un collectif de théâtre anarchiste venu de Milan et mené par Giancarlo Celli. Le moment n'est pas choisi au hasard : cette année-là, le village se soulève contre l'armée à Pratobello (voir plus bas).
Le mouvement démarre vraiment en 1975. Francesco Del Casino, professeur de dessin originaire de Sienne installé à Orgosolo depuis les années 1960, peint avec ses élèves une série de fresques pour les 30 ans de la Libération. Il continuera pendant près de vingt ans. D'autres prennent le relais : l'enseignant Pasquale Buesca et ses élèves, puis le groupe Api, « les abeilles », surtout composé de femmes.
Le style doit beaucoup au cubisme, à Picasso et à Léger : figures anguleuses, aplats de couleur, slogans en italien ou en sarde. Les peintures, souvent à l'eau, pâlissent vite au soleil. Les plus anciennes ont été retouchées ou remplacées, et de nouvelles apparaissent régulièrement.

Les sujets sont d'abord locaux : les bergers face à l'État, l'exode rural, la scolarité des enfants, les femmes au travail. Puis le monde entre dans le village : Mai 68, la bombe atomique, Allende, le Che, Lénine, les guerres et les migrations. Certaines phrases restent en tête, comme « les peuples heureux n'ont pas besoin de héros ».
Combien y en a-t-il ? Personne n'est d'accord. Le site de la région parle d'environ 150 murales, d'autres décomptes vont jusqu'à 400 en incluant les petites peintures. Dans tous les cas, c'est le plus grand ensemble de l'île, devant San Sperate, l'autre village sarde des murales.
Il n'y a pas de circuit fléché ni de billet : les murales sont en plein air et en accès libre. La plupart se concentrent le long du Corso Repubblica, l'axe qui traverse le village, et dans les rues qui en partent. C'est sur le corso que se trouvent les fresques des bergers de 1969, accompagnées de textes d'Emilio Lussu, et la série de Del Casino. Prévoyez 2 à 3 heures de marche tranquille.
| Étape | À voir | Temps |
|---|---|---|
| Entrée du village | Parking, premières façades peintes | Départ |
| Corso Repubblica | Murales des bergers de 1969, série de Del Casino | 45 min à 1 h |
| Via Cavour et Via Mazzini | Fresques plus récentes, ruelles en pente | 30 à 45 min |
| Via Mani et ruelles | Garages, escaliers et portes peintes | 30 min |
| Retour par le corso | Bars et pause café | 15 min |
Pour bien voir. Les rues sont étroites et en pente, prenez de bonnes chaussures. En été, venez avant 10 h ou après 16 h : la lumière rasante fait ressortir les couleurs et le corso est moins chargé. Levez la tête, beaucoup de fresques sont peintes en hauteur.
Pendant plus d'un siècle, Orgosolo a eu la réputation d'un « village de bandits ». Au XIXe siècle, Giovanni Corbeddu Salis vit dix-huit ans au maquis avant d'être abattu par les carabiniers. Au XXe, la Barbagia connaît la vague des enlèvements contre rançon, les sequestri, nourris par l'isolement et la pauvreté de l'intérieur de l'île.
La figure la plus célèbre est Graziano Mesina, né à Orgosolo, condamné à perpétuité et auteur d'au moins vingt-deux évasions. En 1992, il joue les médiateurs dans l'enlèvement du petit Farouk Kassam. Gracié en 2004, rattrapé ensuite par d'autres affaires, il meurt le 12 avril 2025 à Milan, à 83 ans, au lendemain de sa libération pour raisons médicales. Ses obsèques ont lieu à Orgosolo, dans l'église San Pietro.
Fin mai 1969, l'armée affiche la réquisition de quelque 12 000 hectares de pâturages communaux, à Pratobello, pour y installer un champ de tir. Début juin, plus de 3 500 personnes se mobilisent et occupent pacifiquement les terres avec leurs troupeaux. L'armée finit par renoncer : le polygone ne sera jamais construit. Cet épisode est au cœur de nombreuses murales et il est encore invoqué aujourd'hui dans le village contre les grands projets éoliens. Le maire actuel, Dionigi Deledda, lui a consacré un livre.
Le film de Vittorio De Seta raconte l'histoire d'un berger accusé à tort d'un vol, qui fuit dans la montagne avec son troupeau et finit par devenir le bandit qu'on croyait voir en lui. Les rôles sont tenus par des bergers du village, sans acteurs professionnels. Primé à la Mostra de Venise en 1961, il a été restauré par la Cineteca di Bologna et The Film Foundation, et présenté à Venise en 2024. Si vous ne devez voir qu'une chose avant de venir, c'est ce film.

Le pranzo con i pastori est l'expérience la plus recherchée à Orgosolo après les murales. Des bergers reçoivent les visiteurs en plein air, sous les chênes, à quelques kilomètres du village, autour de longues tables. Le menu suit la tradition : charcuterie et pecorino maison, pain carasau, mouton bouilli aux pommes de terre, porcelet rôti à la broche, vin cannonau et, pour finir, un verre de filu 'e ferru, l'eau-de-vie locale. Comptez deux à trois heures à table, souvent avec des chants a tenore. Les autres plats de l'île, des culurgiones aux seadas, sont sur la page cuisine sarde.
Des organisateurs de Nuoro et de la côte proposent une journée complète : murales le matin, montée en 4x4 vers le Monte Novo San Giovanni, déjeuner chez les bergers. Comptez environ 9 heures et autour de 90 € par adulte (tarif relevé chez un organisateur, moins cher pour les enfants).
Le plus simple
La coopérative Supramonte, à la località Sarthu Thitthu près du village, sert un « pranzo tipico con i pastori » et organise aussi des sorties en 4x4. Réservation obligatoire, tarif sur demande. Un repas sarde complet au village coûte autour de 25 à 40 €, boissons comprises.
Pour les autonomes
Réservez et demandez le prix. Les déjeuners se font pour des groupes, surtout d'avril à octobre. Il n'existe aucun tarif officiel : faites-vous confirmer ce qui est compris (transport, boissons, menu enfant) avant de payer.
Deux sorties se réservent en ligne : une journée au village, murales et déjeuner typique compris, et une excursion en jeep en Barbagia avec déjeuner chez le berger, au départ d'Arbatax.

Expérience Orgosolo : Murales et culture avec un déjeuner typique
4,5(8 avis)
dès65 €/ pers.
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Au départ d'Arbatax : Excursion en jeep en Barbagia et déjeuner chez le berger
5,0(5 avis)
dès143 €/ pers.
Voir prix & disposAu sud du village commence le Supramonte, un massif calcaire de plateaux, de gorges et de forêts, troué de dolines. La partie d'Orgosolo est la plus boisée. On y croise encore des troupeaux et des pinnettos, les cabanes de pierre et de bois des bergers.

La forêt domaniale de Montes s'étend sur environ 4 500 hectares de collines autour de 1 000 m d'altitude. Son cœur, Sas Baddes, est une chênaie verte d'un millier d'hectares aux arbres de 20 à 25 m, comptée parmi les plus anciennes d'Europe. On y trouve aussi les vestiges d'un village nuragique. L'accès est libre.
Depuis le village, suivez le Corso Repubblica vers le sud puis la SP 48 sur une quinzaine de kilomètres. À Funtana Bona, au lieu-dit Lodei Malu, naît le Cedrino, le fleuve qui descend vers Orosei. L'agence régionale des forêts y a une base, avec des tables de pique-nique : c'est le point de départ des balades dans Montes.

Le Monte Novo San Giovanni, vers 1 300 m, offre une vue qui file jusqu'au Gennargentu. Plus long, le sentier des bergers relie Montes aux crêtes du Supramonte sur environ 16 km, avec les domus de janas de Sirilò en chemin. Le balisage est incomplet : prenez une trace GPS ou un guide local.
Plus loin, le territoire d'Orgosolo touche les grands sites du massif : la doline de Su Suercone, profonde d'environ 200 m, et le canyon de Gorropu, aux parois de 450 m. Niveaux, durées et saisons sont détaillés dans notre page sur les randonnées en Sardaigne.
Été dans le Supramonte. En juillet et en août, la chaleur est forte, l'ombre rare hors des forêts et les sources peu nombreuses. Partez tôt, emportez au moins 2 litres d'eau et respectez les fermetures pour risque d'incendie.
Depuis Cala Gonone, partez vers 8 h par Dorgali et Oliena. Depuis Nuoro, 30 minutes suffisent. Garez-vous à l'entrée du village.
Corso Repubblica, Via Cavour, Via Mazzini et les ruelles : deux bonnes heures, avant que la chaleur ne monte.
Sur réservation, sous les chênes. À défaut, un repas sarde dans l'une des trattorias du village.
Balade à Funtana Bona dans la forêt de Montes, ou route vers Mamoiada et son musée des masques. Retour par Oliena et la source de Su Gologone, décrites dans notre guide de la Barbagia et de Nuoro.

| Depuis | Distance | En voiture | Bus |
|---|---|---|---|
| Nuoro | 19 à 20 km | 30 min | Bus ARST direct |
| Cala Gonone | 46 km | 55 min | Pas de bus direct |
| Olbia | Environ 120 km | 1 h 30 | Via Nuoro |
| Cagliari | Environ 190 km | 2 h 15 | Via Nuoro |
19 à 20 km par la SP 22, environ 30 minutes de route de montagne. C'est la base la plus proche, avec gares routières et hébergements.
Environ 46 km et 55 minutes : montée vers Dorgali, SS 125 en direction de Nuoro, bifurcation vers Oliena, puis Orgosolo. Il n'y a pas de bus direct : avec une correspondance à Nuoro, il faut compter près de 2 h 40.
Depuis l'aéroport d'Olbia, comptez 1 h 30 par la SS 131 DCN et Nuoro. Depuis Cagliari, environ 2 h 15 par la SS 131 et la route centrale nuorese. Les GPS proposent parfois des routes secondaires étroites : restez sur les axes principaux.
L'ARST relie Nuoro à Orgosolo (arrêt Piazza Don Muntoni) en une trentaine de minutes, avec quelques départs par jour et un billet de quelques euros. Les horaires changent selon la saison : vérifiez sur le site de l'ARST avant de partir, surtout pour le retour.
Sur les parkings à l'entrée du village, ou sur le parking gratuit du cimetière : sans ombre ni services, à une dizaine de minutes à pied du centre par une montée raide. N'entrez pas dans les ruelles du centre en voiture, elles sont étroites et pentues.
Nos conseils pour choisir le loueur et l'assurance sont sur la page location de voiture en Sardaigne.
Dormir à Orgosolo même, c'est profiter du village le soir, quand les cars sont repartis. L'offre se limite à quelques B&B dans le centre, comme Il Portico ou Su Ponte, et aux chambres et au camping de la coopérative Supramonte, hors du village. Nuoro, à 30 minutes, a plus de choix, des restaurants et des bus. Pour combiner montagne et mer, logez à Cala Gonone et faites Orgosolo en excursion. Taxe de séjour et types d'hébergement sont détaillés sur où dormir en Sardaigne.
Trois bases pour visiter Orgosolo
Photo : Hotels.comOliena, au pied du Supramonte★★★★Su Gologone Experience HotelL'adresse la plus connue de la Barbagia, dans la campagne d'Oliena, au pied du Supramonte et de ses randonnées.Au pied du SupramonteParking gratuitVoir les prix à mes dates
Photo : Expedia GroupNuoro★★★Hotel Sandalia9,0/10231 avis Hotels.comUn trois-étoiles simple, à cinq minutes en voiture du musée MAN et du centre, avec un parking gratuit.Parking gratuitCentre à 5 minVoir les prix à mes dates
Photo : Expedia GroupCala Gonone, bord de mer★★★★Hotel Costa Dorada8,8/10168 avis Hotels.comSur le front de mer de Cala Gonone, près de l'aquarium et du port d'où partent les bateaux vers Cala Luna.Face à la merPort des excursions à piedVoir les prix à mes dates Notes Hotels.com relevées en novembre 2026. Prix et disponibilités selon vos dates, sur Hotels.com.
Avril à juin et septembre à octobre : températures douces pour marcher dans le village et dans Montes. L'été, il fait chaud mais plus frais que sur la côte, à 620 m. L'hiver peut être froid, avec parfois de la neige sur les hauteurs.
Le 29 juin, fête patronale de San Pietro. Le 15 août, la course de chevaux Sa Vardia 'e mes'Austu. En automne, le village participe à Autunno in Barbagia : en 2026, son week-end avait lieu les 17 et 18 octobre, avec porcelet rôti, pain carasau, atelier de la soie et festival d'harmonica.
Ce chant polyphonique à quatre voix d'hommes est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Orgosolo compte plusieurs groupes, dont Rubanu et Murales. On les entend aux fêtes et souvent pendant les déjeuners chez les bergers.
Les gens vivent et travaillent dans ces rues. Photographiez les murales librement, mais demandez avant de photographier les habitants, les bergers ou l'intérieur des bars. Un mot d'italien et un café pris au comptoir ouvrent bien des conversations. Pour s'installer dans la région, lisez vivre en Barbagia.
Photo : trolvag · CC BY-SA 3.0Cala Gonone et le golfe d'OroseiCala Luna, Cala Mariolu et la grotte du Bue Marino : la mer au pied du Supramonte, à combiner avec Orgosolo.Lire le guide de Cala Gonone Au centre-est de la Sardaigne, dans la province de Nuoro, en Barbagia. Le village est perché à 620 m d'altitude, à une vingtaine de kilomètres au sud de Nuoro, au pied du Supramonte. Comptez environ 30 minutes depuis Nuoro, un peu moins d'une heure depuis Cala Gonone et 1 h 30 depuis Olbia.
Orgosolo est un village de bergers longtemps isolé, connu au XIXe et au XXe siècle pour ses bandits, comme Giovanni Corbeddu Salis puis Graziano Mesina. En 1969, ses habitants occupent les pâturages de Pratobello pour empêcher l'armée d'y installer un champ de tir, et obtiennent gain de cause. Les premières murales naissent dans ce contexte, avant que l'enseignant Francesco Del Casino ne lance le mouvement en 1975.
Sur les parkings à l'entrée du village, ou sur le parking gratuit du cimetière, sans ombre ni services, à une dizaine de minutes à pied du centre par une montée raide. Évitez d'entrer en voiture dans les ruelles du corso, étroites et en pente. En été, arrivez avant 10 h ou après 16 h.
Deux à trois heures suffisent pour parcourir les murales à pied, sans se presser. Avec un déjeuner chez les bergers ou une sortie dans la forêt de Montes, la visite occupe une journée entière.
Il n'existe pas de tarif officiel. Les excursions en 4x4 d'une journée avec déjeuner pastoral, au départ de Nuoro ou de la côte, se vendent autour de 90 € par adulte chez les organisateurs que nous avons relevés. Un repas sarde complet dans le village, boissons comprises, tourne autour de 25 à 40 €. Demandez toujours le prix avant de réserver.
Oui. Le film de Vittorio De Seta (1961), tourné avec des bergers du village, a été restauré par la Cineteca di Bologna et The Film Foundation et présenté à la Mostra de Venise en 2024. La version restaurée circule en ciné-club et en édition vidéo italienne.
Oui. Le banditisme appartient au passé et des milliers de visiteurs viennent chaque année voir les murales. Le village reste une communauté pastorale fière et discrète : on photographie les fresques librement, mais on demande avant de photographier les habitants.